Ça y est c’est la rentrée. Nombreux sont ceux qui sont partis cet été, pour fuir ce temps de merde sur la capitale. Soleil, détente, bronzage, et selfie en tout genre pour se la raconter auprès de ceux qui n’ont pu partir.

(Je sais, j’ai fait la même…

On est vache ? Oh ça va, vous auriez fait pareil si vous aviez pu, ne dîtes pas le contraire.)

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Et souvent durant cette fameuse période estivale, on se sent généralement au top de notre forme (à comprendre, de notre capital beauté). L’été, il y a comme des phéromones qui se baladent dans l’air. Les gens sont bronzés, sexy, souriants, détendus et beaucoup plus abordables que dans notre train train quotidien. Il arrive même qu’on craque très facilement sur le G.O. du camping, il est tellement vachement sexy quand il nous apprend à danser la salsa. Ou bien sur l’inconnu mystérieux de la chambre en face de la nôtre qu’on voit souvent défilé en serviette lorsqu’il sort de la douche. Ou encore sur ce mec musclé trop mega mignon qui joue au beach volley sur la plage tous les après midis.

Et avec notre sex appeal à couper le souffle, bien évidemment, on les fait succomber (parfois tous en même temps). S’ensuit alors une merveilleuse histoire d’amour passionnelle parfaite avec le plus méritant, qui nous fait passer le plus bel été de notre vie.

Mais toute bonne chose a une fin. Il est temps de quitter notre sexy don juan des vacances, dont on est déjà follement amoureuse bien sûre, pour retrouver cahiers, bureau, collègues et déprime générale.

Alors on se promet de s’écrire, de se téléphoner, de se textoter, de se skyper, de s’envoyer des pigeons voyageurs, et de ne SURTOUT pas s’oublier jusqu’à nos prochaines retrouvailles…

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Pouvons nous réellement vivre une relation à distance ? Pouvons nous construire quelque chose en ne vivant rien du quotidien de notre partenaire ? Pouvons nous monopoliser ses pensées ? Pouvons nous avoir confiance en lui ? Et en nous ?


En 2006, je travaillais dans une agence d’hôtesse, Charlestown. J’avais été engagé par un de nos plus gros clients, Peugeot, pour travailler auprès d’eux lors du grand événement sportif annuel, Roland Garros. Mon rôle consistait à accueillir les invités VIP de l’entreprise et de les amener dans les loges Peugeot qui leur étaient attribuées sur les différents courts. En gros je me baladais toute la journée, de court en court, talkie à la main. Oui je sais, y’à pire comme job.

Les hôtesses, qui bossaient avec moi, parlaient souvent d’un jeune homme qu’elles avaient croisé sur l’allée centrale. Elles partaient toutes à tour de rôle, juste pour le mater et espérer susciter son attention. Je les trouvais stupides mais ça me faisait rire.

Un jour où je me dirigeais vers le court central, un homme me percuta et fit tomber les bouteilles d’eau que j’apportais avec soin à mes invités VIP. Très grand, allure sportive, châtain clair aux yeux verts, il était juste canonnissime. Il avait cet agréable sourire d’excuse, celui auquel on ne peut résister même sous le coup de la colère, tout en ramassant avec précaution mes bouteilles. Il eut ensuite la délicatesse de me demander si tout allait bien. « Oh oui percute moi encore quand tu veux comme ça » criait mon regard.

Par chance, je l’ai croisé à plusieurs reprises durant la journée. Il me saluait dès qu’il m’apercevait. Le jour d’après, il vint me tenir compagnie dès qu’il vit que mes activités étaient peu attractives (en gros lorsque mes clients regardaient un match qui durait des heures). Il s’appelait Thomas, 26 ans, était sur Paris que pour deux semaines et repartirait chez lui sur Marseille à la fin du tournoi. Il faisait du tennis et bossait en parallèle dans l’entreprise Babolat… et je buvais ses paroles tellement il était craquant.

Je compris que c’était lui, le fameux mec que toutes les hôtesses voulaient, lorsqu’elles vinrent me poser un tas de questions à son sujet : Mais comment tu as fait ? Il est comment ? Il a quel âge ? Il fait quoi ?

Au 4ème jour, on a décidé d’aller boire un verre ensemble après le travail. Et à la fin… il m’embrassa. J’avais des palpitations qui me parcouraient tout le corps, comme une ado qui reçoit son premier baiser. Les jours suivants, on ne se quittait plus (enfin façon de parler, je faisais tout de même mon travail consciencieusement, attend, quand même, voyons). Toutes les hôtesses me haïssaient. Je m’en foutais complètement.

Cette dernière semaine fut FABULEUSE. On déjeunait ensemble, on rigolait ensemble, on bossait ensemble, on dînait ensemble, on dormait ensemble, on se taquinait, on ne se quittait plus. Et en plus de ça, il assurait au lit. Jamais je n’avais ressenti une telle fusion, une telle complicité. Je ne saurais expliquer, mais nos corps ne formaient qu’un. C’était une relation à la fois passionnelle et envoûtante. Tout était parfait !

Le dernier jour, il piqua le plateau repas sur lequel Nadal avait mangé, et m’écrivit au dos :

« Ma chère Julia,

J’ai passé une semaine formidable à tes côtés. Tu es si exceptionnellement parfaite, belle, gentille, douce, drôle… Miss Peugeot et Mister Babolat ont écrit une très belle histoire dans ces allées de Roland Garros. Elle ne peut s’arrêter ainsi…. Nous autorises-tu à la continuer ?

Thomas. »

« OH OUI j’accepte » hurlai-je.

…Puis il rentra.

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PHASE 1: Les 3 premiers mois.

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On s’appelait dès que possible. On prévoyait nos futurs rendez vous avec impatience. On se racontait nos journées durant des heures. On pensait toujours l’un à l’autre. On se manquait trop. L’attente était une torture.

J’allais à Marseille dès que je pouvais. Il venait à Paris dès qu’il pouvait. Et nos retrouvailles étaient toutes sensationnelles.


PHASE 2 : Du 4ème au 6ème mois

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On s’appelait une fois par semaine. On avait un emploi du temps plus surchargé qu’avant. On se racontait nos exploits. On pensait à l’autre. On se manquait un peu. L’attente devenait normale.

J’allais à Marseille dès que j’avais des vacances. Il venait à Paris dès qu’il avait des réunions. Et nos retrouvailles étaient quand même toujours géniales.


PHASE 3 : Les deux derniers mois.

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On s’appelait de moins en moins. On ne planifiait plus nos prochaines retrouvailles. On ne se racontait plus grand chose. On s’éloignait l’un de l’autre. On ne se manquait plus vraiment. On ne s’attendait plus.

Il n’y avait plus de retrouvailles.


PHASE 4 : À la fin du 8ème mois.

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Nous ne partagions plus rien. Nous étions redevenus des inconnus l’un pour l’autre. La passion avait disparuLa distance avait eu raison de notre histoire…

Tout s’est arrêté, sans réelle rupture. Chacun continuait sa vie, l’autre n’était qu’un souvenir lointain.


Pourquoi en étions-nous arrivés là ? C'était si parfait...
Est-il réellement possible d'entretenir cette flamme 
à distance durant des années ? 
Quelles furent nos erreurs ? 
Qu'aurions-nous dû faire pour que 
cette si jolie histoire passionnelle puisse continuer ?

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Il paraîtrait qu’il y ait des couples qui réussissent. Si, si je vous assure.

Prenons l’exemple de Sarah et Lucas. Deux trentenaires qui vivent carrément dans deux pays différents. L’une à Paris, l’autre à Lisbonne. L’une est responsable d’une boutique de luxe, l’autre a monté son entreprise de construction civile. Ils se sont rencontrés lors d’un voyage, en Egypte, il y a bientôt 3ans et depuis, c’est l’amour fou.

Mais bordel, c’est quoi leur recette miracle ?

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Eh bien c’est simple, il y a tout simplement 4 sortes d’individus : Les indépendants, les patients optimistes, les passionnés et les amnésiques. Et eux, ils sont des indépendants !!!


L’INDÉPENDANT :

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La distance ne lui fait pas peur. Il aime son indépendance, son temps libre, et est plutôt solitaire. Il ne veut pas être étouffé. Voir son partenaire une fois de temps en temps est un rythme idéal pour lui et pour son emploi du temps. La distance nourrit son manque et ainsi sa passion. À chaque fois qu’il retrouve son partenaire, il a l’impression d’être comme un adolescent. Son coeur bat toujours autant la chamade. Chaque séparation est tout de même une torture mais il sait que c’est pour encore plus vibrer la prochaine fois. En général, ce genre de personne se lasserait peut être plus facilement dans une relation dite « normale » où il serait obligé de vivre chaque jour aux côtés de leur partenaire. L’idéal, s’ils étaient dans la même ville, serait qu’ils aient chacun leur appartement. 


 

LE PATIENT OPTIMISTE:

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Lui, il s’adapte comme il peut à la situation. Il préfèrerait qu’il n’y ait pas de distance, mais il n’a pas le choix, alors il fait avec. Il garde espoir que tout va bien se passer. Et attend avec impatience chaque retrouvailles. Son but ultime, qu’à la fin ils finissent ensemble et heureux pour toujours. En attendant, il subit comme il peut cette distance, un peu difficilement parce qu’il pense sans arrêt à l’autre, à sa peau, à son sourire, à ses bras protecteur… Mais un petit texto d’amour et il est reboosté.  En général, ce genre de personne rêve à une vie de couple « normale » , avec des projets d’avenir, une maison, une famille avec l’être aimé. Et cette pensée qu’un jour ils réussiront leur donne la force d’attendre encore et encore. 


LE PASSIONNÉ :

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Lui, il ne sait pas vivre sans son partenaire. Il a trop besoin de sa présence, de le toucher, le voir, le sentir. Il se pose un milliard de questions sur ses activités, s’il ne répond pas à ses appels dans la minute par exemple. Il manque de confiance. Il est dépendant de cet amour. Il s’ennuie et a l’impression de mourir dès qu’il est seul. La distance le martyrise. Les passionnés ne sont pas fait pour les relations à distance, ils sont fait pour vivre auprès de leur amoureux nuit et jour. Ils ont besoin d’un partage quotidien. Ils peuvent essayer, mais ce sera généralement voué à l’échec. Ce genre de relation ne colle pas avec leur personnalité. 


L’AMNÉSIQUE :

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Un genre d’entre trois. Il peut être un « indépendant » durant un temps. Avec la palpitation du « patient optimiste » à chaque retrouvailles. Mais un proverbe le définit particulièrement bien : « Loin des yeux, loin du coeur. » Trop de distance détruit son couple. Moins il voit son conjoint, plus il oublie les détails, les sensations, les souvenirs. Jusqu’à oublier carrément l’autre. Les amnésiques ont besoin de voir leur compagnon et de partager leur vie régulièrement pour construire une relation. S’ils n’ont pas un rappel quotidien de l’être aimé, ils finissent par oublier ce pour quoi ils sont amoureux… La distance peut fonctionner quelques mois, mais pas éternellement pour eux. 

Moi…

Je suis une des leurs.

Une amnésique de pure souche !!!!

« Plus c’est long, moins c’est bon. »

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Par curiosité, j’ai tout de même voulu savoir le secret de Sarah et Lucas. C’est vrai ça, 3 ans de distance, ça parait fou tout de même. Même pas une tromperie, un égarement ? Rien, m’ont-ils certifié.

Alors pour les aventurières, qui ne savent pas dans quelles catégories se ranger, et qui souhaiteraient coûte que coûte continuer leur amour de vacances à distance, ceci est une liste de petits conseils pour vous aider à garder votre don juan...

(Mais ça ne veut pas dire que vous réussirez pour autant…)


LES 10 SECRETS DE SARAH POUR GARDER LUCAS


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1- QUE SOUHAITONS NOUS ? : Dès le départ nous avons mis les choses au clair. Couple sérieux, couple libertin, aventure ?  Ça parait con, mais beaucoup oublie cette phase, et ont de sacrés surprises par la suite. Nous, on était sur la même longueur d’onde, on voulait du sérieux.

2 – ETABLIR DES PROJETS : Il faut mettre en haleine notre histoire. S’il n’y a pas de projets, on ne sait pas vraiment où nous allons. Et du coup, on perd le fil de la relation. On se tourne vers d’autres possibilités. Et on risque de s’oublier très vite.

3 – SE VOIR LE PLUS SOUVENT POSSIBLE : On est quand même un couple, et comme tous les gens normaux, on a besoin de passer du temps ensemble, de se toucher, se voir, se sentir et de faire l’amour !!!

4 – SUSCITER L’INTERET : Comme dans tous les couples d’ailleurs. Mais à distance, il faut redoubler d’efforts. Régulièrement, on s’envoie des photos coquines, ou des vêtements avec notre odeur, des cadeaux, des fleurs… afin de susciter le manque et l’envie de nous revoir très vite.

5 – FAIRE PLAISIR : C’est important de savoir faire plaisir à son partenaire. Il faut être très à l’écoute de ses hobbies pour savoir lui faire de bonnes surprises. Je sais qu’il aime le foot par exemple, donc quand il vient chez moi, j’achète des places. Quand je vais chez lui, il m’emmène voir des concerts, ou au théâtre, etc…

6 – DIALOGUER VIA DIFFÉRENTS MOYENS DE COMMUNICATION : On a la chance de nos jours de pouvoir dialoguer gratuitement et de diverses manières. Ce qui permet de ne pas sombrer dans la routine de la conversation téléphonique et de varier nos interactions : Des vidéos par skype, des photos sexy par mail, des poèmes d’amour par lettre, des conversations endiablées au téléphone, des sms coquins…

7 – SE RETROUVER À MI-DISTANCE : Quand le timing ne nous permet pas d’aller trop loin, nous choisissons un lieu à mi-chemin le temps d’un après midi, ou d’une nuit à l’hôtel. Ça nous permet de découvrir ensemble d’autres endroits par la même occasion et de nous évader.

8 – FAIRE DES ACTIVITÉS ENSEMBLE :  Il faut tout de même qu’on partage un minimum la vie de l’autre, même à distance. Régulièrement le soir, on regarde un film ensemble, parfois on joue même à des jeux en ligne, on fait aussi du sport, on se motive l’un l’autre…

9 – AVOIR CONFIANCE : Il est très important d’avoir confiance en l’autre. Sinon, on sombre dans une jalousie qui détruira complètement notre relation. Et ce n’est pas donné à tout le monde de savoir faire confiance à distance.

10 – PRENDRE SOIN DE SOI : Ne pas le voir est pour moi une occasion de me faire plaisir. Je me chouchoute, je vois mes amis, je suis épanouie et il me trouve de plus en plus belle. Du coup, il ne peut se passer de moi !!!


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Peut être qu’avec un peu de chance, et surtout une bonne dose d’efforts anti feignasses, en tant que membre prémium des amnésiques, j’aurais pu sauver cette foutue relation avec Thomas, et devenir une indépendante à part entière capable d’entretenir une relation passionnelle à distance, en suivant à la lettre tous les conseils de la charmante Sarah

non ?

Avec beaucoup d’efforts … ?

Faut dire que je n’y avais pas mis trop du mien donc…

Bon d’accord, je me tais. On ne le saura jamais !


 

« La distance est à l’amour ce que le vent est au feu, il attise les grands et éteint les petits. »


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Secrètement, J.