Voilà 8 mois que je suis maman !

Déjà 8 Mois !

Quoique… Je suis partagée entre l’idée de dire « déjà » et aussi « Seulement » !!! C’est incroyable la vitesse à laquelle il pousse et en même temps j’ai l’impression que ça fait une éternité que je suis rentrée de la maternité , et que petit prince découvrait son home sweat home pour la 1ère fois. 8 mois !!! Il change tellement de jour en jour. Chaque matin, au réveil, j’ai l’impression qu’il a une nouvelle tête . Enfin au réveil , c’est vite dit , car niveau nuit on est loin d’avoir le quota de sommeil adéquat pour déjà parler de « matin » . Je ne sais même plus ce que c’est le « matin », Ou alors il y a plusieurs matins dans ma nuit…

Être maman ce n’est que du bonheur !

Qui a dit ça ?

QUE du Bonheur ?!! Are you sure ?

Sûrement une maman dont le bébé dort et sourit toute la journée …

Lorsque j’ai su que j’étais enceinte, à 30 ans, l’âge idéal pour moi, j’étais fière à mon tour de devenir une Maman. J’évoluais dans mon statut de femme ! Mais bon, à aucun moment je n’imaginais que ça bouleverserait autant ma vie.

J’ai mis du temps à arriver où j’en suis aujourd’hui professionnellement parlant, à me construire, me faire une place dans ce milieu de Blogueurs, d’influenceurs et de journalistes freelance. J’ai commencé ce blog il y a 5 ans et j’ai ouvert ma propre société 2 ans après. Au début, je ne gagnais pas réellement ma vie, mais j’adorais écrire. C’était surtout un passe-temps. Jamais je n’aurais imaginé que 5 ans plus tard, j’en ferais pleinement mon métier. Les marques ont commencé à s’intéresser au marché du digital. Certaines me contactaient pour avoir un encart sur mon blog. Je vendais mes espaces publicitaires. Ce n’était pas grand chose, mais ça permettait de se faire un peu d’argent de poche. Puis Instagram est apparu. Et la folie des blogueurs a commencé. Depuis, je voyage beaucoup, je participe à de nombreux évènements, je suis souvent sollicitée par de grandes marques et reconnue pour mon travail, et ça, ça fait plaisir. J’aime me donner à fond dans mes projets et je cherche toujours à évoluer. Faut dire que je me suis pas mal cherché durant toutes ces années, donc je ne peux qu’être fière d’arriver enfin à vivre de ce que j’aime faire, écrire, voyager, photographier. Puis à côté de ça, j’ai trouvé il y a 3 ans un homme génial, qui me fait rire, qui me distrait, qui me fait avancer, qui m’apaise et que je trouve beau et sexy qui plus est. Il était donc temps, à 30 ans, de construire ma famille, notre famille. La suite logique me direz-vous… Mais bon, pour moi, une vie de famille c’était continuer cette vie mouvementée avec un enfant en plus, donc quelques contraintes forcément , mais rien de bien compliqué. Ma grossesse s’est d’ailleurs passée à merveille, j’étais totalement sereine, je préparais la chambre avec enthousiasme , je commençais à tout acheter (à trop acheter même) pour son arrivée, et je me préparais psychologiquement à devenir Mère.  Je projetais de l’allaiter jusqu’à ses 6 mois pour commencer . Je prévoyais les vacances que l’on pourrait faire en famille, etc. Je me faisais une vague idée de cette vie future à 3, et je l’aimais déjà terriblement.

Puis Edan est né . D’un accouchement digne d’un conte de fée . Il a d’ailleurs résisté longtemps avant de sortir, au point que j’avais prévu une date de déclenchement tellement il se faisait désirer . Mais 4h avant le déclenchement, pom-pé-deup, monsieur a décidé qu’il avait assez squatté son petit duplex ventral, et a enfin voulu montrer le bout de son nez. J’ai d’ailleurs eu besoin de ne pousser que 4 fois. Un accouchement fantastique ! Là effectivement c’est un moment magique . Cette petite crevette que j’ai porté pendant des mois se retrouvait sur ma poitrine à sentir mon odeur . À téter mon sein pour la première fois . Un moment qui marque une vie . La chair de ta chair . Eddy était tout impressionné et tout ému également . Notre fils était enfin là ! Ma famille, Notre famille. 🙂

Les jours qui suivent sont comme un rêve . Certes tu ne dors plus, tu es constamment en train de surveiller s’il respire toujours , il est collé à ton sein en permanence pour enclencher ta montée de lait, mais tout se passe à merveille. Tu es dans l’euphorie de l’instant.. Tu l’aimes déjà si fort !

#Tropdémotions.

Mais…

Vient ensuite le moment où tu te rends compte que ta merveilleuse nouvelle vie de maman n’est pas si simple. Elle devient vite épuisante, stressante, et surtout, il n’y a pas de mode PAUSE pour souffler ! Un jour, une semaine, un mois s’écoule… Et bébé t’épuise de plus en plus. Il dort peu, il pleure et râle beaucoup mais tu ne comprends pas ce qu’il a… Tout ce que tu sais, c’est que dans tes bras il semble aller mieux.. mais pas toujours. Tu t’épuises à le comprendre, à le porter, à le calmer… et quand tu n’y arrives pas, tu t’énerves. Tu frôles la dépression et tu rêves juste de te mettre en congé maladie. Avoir ne serait-ce qu’une pause déj complète. Prendre un bain pendant 1 heure. Dormir, tout simplement. Mais tu ne t’arrêtes plus en fait. Ce job, tu l’as à vie à présent ! Bébé ne dépend plus que de toi… et un peu de papa qui n’est pas très utile dans les débuts faut avouer.

Les premiers mois de vie sont difficiles pour un bébé qui souffre bien souvent de soucis de digestion, et autres petits maux le temps que son petit corps se mette en place. Les coliques font souvent surface. Et pour certains, comme Edan, qui souffre d’un RGO (Reflux Gastrique Oesophagien), les douleurs semblent présentent 70% de son temps d’éveil.

Symptômes de Edan : Reflux interne, et parfois externe. Acidité dans l’œsophage qui semble très douloureux lorsqu’il est allongé vu la manière dont il hurle. D’où le fait qu’il ait besoin de la position verticale (dans les bras)  le plus possible pour être soulagé. Beaucoup de hauts au coeur. De nombreux rots coincés, tout le temps, très difficiles à sortir et douloureux, qui l’empêchent de dormir, ou le réveillent très souvent. Beaucoup de pleurs. Quelques vomissements. Gigote constamment, ne semble jamais tranquille. Dort très peu la journée (sieste de 40 minutes environ). Sommeil très perturbé la nuit (réveillé presque toutes les heures). Mâche sa langue comme s’il mâchait du chewing gum. Met ses doigts dans la bouche comme pour se faire vomir. Transpire beaucoup de la tête dès qu’il a un rot ou un reflux qui arrive tellement ça lui demande de l’effort pour les sortir. Ronronnement dans la gorge comme s’il était encombré. Tète peu de temps, en 2/3 minutes chrono, grand max 7/8 min, alors qu’à la naissance il pouvait rester des heures au sein… mais en revanche réclame souvent le sein et semble s’en servir comme une tetine géante pour faire passer ses maux. Et les dents qui ajoutent leur petite dose de souffrance supplémentaire…

Bref , le pauvre a en permanence besoin de toi, de tes seins, de ton odeur et surtout de tes bras. Si tu te plaignais de le porter lourdement dans ton ventre, bah tu vas être servi cocotte, car un bébé RGO souffre tout le temps et ne se calme QUE DANS TES BRAS, mais pas genre assis dans tes bras, non il faut le bercer et marcher. Oui oui, sinon ce ne serait pas drôle. En gros, tu le portes pratiquement 16h/24. Les 8h qui restent c’est quand papa prend le relai, ou que tu as réussis à le poser dans son lit sans qu’il ne se réveille la journée, et une partie de son sommeil paisible la nuit. Vive les crampes, les courbatures, les tendinites, les maux de dos.. :/

Et ton pédiatre qui te dit qu’avec le temps ça va s’arranger, il faut juste patienter…Tu as envie de le trucider !  Alors certes , papa devient un peu plus utile, une petite aide n’est pas de refus. Les coliques se sont calmés vers 4 mois, et c’est déjà pas mal ! Et il commence à jouer tout seul lorsqu’il se tient assis, bon jamais bien longtemps, mais tu as quand même un peu plus de répits.  En revanche, ses crises ne se calment pas elles, et semblent même parfois s’empirer… Tu as beau avoir essayé gaviscon, polysilane, inexium, arrêté les produits laitiers, consulté un chiropracteur, un ostéopathe … ça ne se calme pas !

Ils sont bien gentils de te dire de patienter, que tu n’as pas le choix.. Mais toi depuis plus de 6 mois, tu te donnes à 200% pour qu’il souffre le moins possible, ou du moins qu’il supporte au mieux la douleur. Jour et Nuit. Sans pause. Et ça devient tellement surhumain physiquement et émotionnellement que par moment… tu craques ! Je me suis découvert une âme de guerrière d’ailleurs, c’est dingue la force qu’on a en chacun de nous. Ça fait 8 mois que je n’ai pas eu de nuits complètes, que je me trimballe une tendinite à l’épaule gauche, que mon genou droit craque à chaque mouvement, et je réussis toujours à me lever et à le porter. Mais oui, j’ai pleuré, beaucoup pleuré. J’ai hurlé même. Je l’ai même engueulé alors qu’il n’y est pour rien. J’ai même rêvé de mon ancienne vie. J’ai même eu des excès de colère et l’envie de tout balancer par la fenêtre. Des excès de rage envers le papa qui me semblait inutile. Des gros moments de bad. De solitude. Mais j’ai toujours trouvé en moi la force de me ressaisir.

C’est ça être mère. Nous ne sommes pas parfaites, nous avons nos faiblesses, nous passons par de nombreuses émotions, mais nous sommes des guerrières. #wondermums

J’ai remarqué que beaucoup de maman n’aiment pas parler de ces côtés-là de la maternité. Et avec l’effervescence des réseaux sociaux où vendre du rêve et donner envie aux autres est devenu une mode, on se tait. On préfère faire croire que tout se passe très bien chez nous !

Moi, sincèrement, en suivant certaines mamans actives sur instagram, j’ai parfois l’impression d’être la seule à galérer. Suis-je la seule à avoir un bébé qui me laisse très peu de répit et qui m’épuise ?  Oh oui, parce que je le dis, je suis une maman épuisée. Je plains mes voisins parfois, ou alors ils doivent se marrer à m’entendre crier :  « Mais pourquoi tu pleureeeeeeees ? Maman elle ne sait pas ce que tu as !!!! J’ai tout fait. Ta couche est propre, tes 12 rots sont sortis, tu as tété, j’ai nettoyé ton vomi, tu frottes tes yeux alors je te berce depuis 45 min pour t’endormir mais tu gigotes dans tous les sens, puis tu t’endors, puis tu te réveilles en poussant des bruits bizarres et en chouinant… Qu’est-ce qu’il y a ??????? Tu as encore un rot ? Je ne comprend plus !!! C’est chiant à la fin ! »  Le pauvre, comme si il allait me répondre. Le pire c’est que lui il se marre à ce moment là. Je l’imagine bien se dire :  « Ça y est, elle pète les plombs la vieille, enfin !!!! J’aime tellement sa tronche dans ces moments là !!!  »

« Passe le relai, please. « 

En maman qui désire être plus que parfaite pour bébé, je ne sais pas pour vous, mais j’ai énormément de mal à le passer ce foutu relai. Les autres pensent : « Il pleure parce qu’ il s’est trop habitué aux bras de maman, il fait des caprices, faut le laisser pleurer un peu ça lui fera du bien.. ». Mais toi tu sais, tu es la seule à vraiment le connaitre. Tu sais qu’il pleure parce qu’il souffre, qu’il y a quelque chose qui le gène, et qu’au contraire il faut l’aider et non le laisser souffrir dans un coin… Mais si tu expliques ça, on te regarde de travers du genre « C’est ça, trouve des excuses à ton fils, il te prend bien pour une bourrique. »… Et si c’était le cas ?! Tu commences même à douter des souffrances de ton bébé.. Non, pour le relai, on repassera ! De toute manière, qui serait capable de s’en occuper aussi bien que moi ??!

Et pourtant, tu le sais au fond qu’il faudrait lâcher prise… Pour ton bien et pour le sien.. C’est comme dans un avion, si on demande aux parents de d’abord mettre leurs masques à oxygène avant celui de leur enfant, ce n’est pas pour rien. Pour bien s’occuper d’eux, il faut d’abord prendre soin de soi.

Avant d’être maman, je pensais que j’étais une femme forte mentalement et physiquement. Mais en fait je suis archi nulle mdr. Le nombre de fois où j’ai culpabilisé en pensant que je devais être une mauvaise mère, ou que je n’étais peut être pas prête.  Je pense sincèrement avoir été en plein Burn Out par moment. Surtout que je travaille de la maison, que je dois respecter des délais de publications, des contrats, prendre des photo, faire des vidéo, des montages, des retouches, des recherches, du shopping, tester les produits, rédiger mes articles, me rendre à des évènements presse, et que je n’ai pas le temps, sauf quand bébé dort (s’il dort bien évidemment mdr). Je me met bien souvent une trop grande pression, et mon cerveau va à 2000 à l’heure dès qu’il dort. Alors qu’à ce moment là, tout ce que j’aimerais, c’est dormir aussi.

« Et Papa dans l’histoire, il ne t’aide pas ? »

C’est dans ce moment précis que je rêve d’être un mec ! C’est vrai quoi, les hommes comptent trop sur nous les femmes ! Bizarrement, ils n’entendent jamais bébé la nuit. Et quand ils font l’effort de se lever, ils ont une manière de le bercer qui produit totalement l’effet inverse, bébé hurle plus et se réveille encore plus. Avouez, vous le faites exprès ?? C’est au point où finalement on préférait quand ils restaient couchés ! Mais bon, faut avouer que quand c’est le jour de congé de papa, on est carrément de bonne humeur. Bah ouais, même si on n’a pas dormi de la nuit, aujourd’hui, on va pouvoir prendre une douche de plus de 3minutes et ça c’est notre bouffée d’oxygène de la semaine. Papa, il ne gère pas trop les moments de crises, mais du coup on le met à la tâche des bains et des jeux, ce qui nous permet de souffler un peu. Parfois, je rêve de m’évader une journée entière et de le laisser galérer…  Car même s’il pense comprendre ce que je vis, je veux qu’il le ressente. Le pauvre il prend cher, surtout en pleine nuit quand je le vois dormir paisiblement pendant que j’essaie de rendormir bébé. Je l’ai déjà réveillé plusieurs fois en lui foutant le petit dans les bras et en lui disant « Participe un peu, on fait une fiesta nocturne, tu loupes le plus intéressant !!! » il se lève sans trop comprendre ce qu’il se passe et il se remet à faire la danse bizarre qui réveille bébé au lieu de le bercer … #désespérant !!! Je me suis d’ailleurs vue un milliard de fois le jeter par terre hors du lit, lui tirer sa tignasse en lui hurlant dessus, je suis passée par de phases de haine par moment… Ah oui oui,  il prend cher mentalement la nuit le Papa, le pauvre… Mais il essaie, je ne peux pas lui reprocher. Bon du coup je l’ai mis à la tâche de jeter les poubelles !

« Et pourquoi tu ne mettrais pas Edan à la crèche ? »

Tu veux la vrai réponse ? LA vraie de vraie ? J’ai l’impression qu’elles vont péter les plombs à la crèche et j’ai peur qu’elles le laissent dans un coin alors qu’il demande à être porté pour se sentir mieux. On en revient au passage du relai impossible ! J’ai commencé à remplir le dossier d’inscription pourtant, parce que là où je vis il faut attendre la naissance. Bon ok ça fait 8 mois qu’il est né, j’aurais pu le faire avant . Mais voilà, puis  je suis archi nulle administrativement parlant. Rien que de déclarer mes impôts, je trouve ça une galère. Alors ça faisait plusieurs mois que j’avais le dossier incomplet, qu’il manquait des papiers à fournir, et que je repoussais tout le temps. Et forcément le jour où je l’ai enfin complété à fond, on me dit qu’il n’y a pas de places. Va falloir que je me renseigne sur d’autres méthodes de garde, comme la halte garderie, mais je vais encore mettre 8 mois à m’inscrire (rire).

« Et si tu arrêtais l’allaitement, tu aurais plus de temps ? Ça calmerait peut être ses reflux ? ou ses rots ? « 

J’ai toujours trouvé ces suppositions stupides. C’est comme si on te disait « Arrête de boire de l’eau, parce que… parce que je ne sais meme pas en fait. » L’eau est trop bénéfique pour notre organisme. Bah le lait maternel, c’est ce qu’il y a de mieux pour celui de bébé. Et encore plus pour les bébés RGO car il a des vertus cicatrisantes que n’a pas le lait Artificiel, ce qui soulage l’irritation due aux reflux. Puis avec tous les problèmes liés au lait artificiel en ce moment, ça me stresse d’avance. Bon certes j’ai un REF (réflexe d’ejection fort), une très grande pression de lait dans les seins, qui amène bébé à boire trop vite, donc à avaler de l’air… et donc à avoir une multitude de rots derrière. Mais le nombre de femme que je connais qui ont arrêté d’allaiter à cause de ce REF ou à cause du RGO pensant que bébé irait mieux ensuite… bah aujourd’hui, elles m’ont toutes dit avoir regretté car ça n’a rien changé et elles ont perdu ce lien unique qu’elles avaient avec leur bébé. Car oui, l’allaitement est un partage merveilleux. Certes, difficile par moment, épuisant, douloureux certains jours, mais de voir mon fils s’accrocher à mon sein et perdre son regard dans le mien vaut tout l’or du monde. Peu de maman ont la chance de le continuer soit à causes de problèmes dès la naissance, du temps (car ça demande une présence presque constante auprès de bébé), de la reprise du travail, ou parce qu’elles n’ont tout simplement plus envie… Pour ma part, je ne suis pas encore prête. Et pourtant, Je suis passée par plein de phases où j’ai voulu abandonner tellement ça me demandait une force supplémentaire en plus de ses problèmes de reflux… Mais je suis fière aujourd’hui de me dire que je suis à 8 mois d’allaitement et que tout se passe merveilleusement bien.

« Et la vie de couple, pas trop dur ? »

Vie de couple ? Quelle vie de couple ?? (rires) Pas évident d’entretenir une relation avec un bébé qui dort peu la journée, dans notre lit la nuit, une maman qui passe la journée en pyjama, pleine de tâches, qui se couche à l’heure de poules et un papa qui s’en prend plein la tronche alors qu’il essaie juste de s’intégrer mais ne sert pas à grand chose quand bébé ne veut que maman. Et vive la descente des hormones mdr. Il y a eu un temps d’adaptation c’est sûre. Surtout que ce tout nouvel amour pour notre enfant est tellement fort, que le couple passe vite au second plan. Mais plus bébé grandit, plus il nous laisse un peu plus de répits. On se retrouve un peu plus, on s’accorde plus de moments à deux, notamment lorsqu’il dort. On va dire que dans les débuts on apprend à être de bons parents, on se concentre surtout sur ça… et petit à petit, on se retrouve et on se soutient énormément, ce qui renforce tous nos sentiments, et notre famille.

« Et socialement ? »

Alors j’ai la chance, ou malchance je ne sais pas, d’être la première de mon groupe d’amis trentenaires à avoir un bébé . Entre un meilleur ami qui a pour unique bébé son 1er appartement depuis peu en tant que proprio #lebusinessman ; une fofolle qui profite des joies du célibat en sortant chaque weekend #lacélibataireendurcie ;  une blondinette qui rêve d’amour mais ne tombe que sur des hommes en couple #lamalchanceuse ;  et une rêveuse qui sort d’une relation longue et qui redécouvre la vie en voyageant et sortant partout #lavagabonde … je suis la seule cloîtrée chez moi depuis 7 mois #lhermite. Je suis la seule qui ne boit plus d’alcool et qui ne fument plus depuis 15 mois . Oui, oui, c’est clair que c’est le bon plan pour ceux qui veulent arrêter , mais quand tu décides de faire une soirée entre amis, c’est limite frustrant. « Aller, Une petite goutte ? » . « Non je ne peux pas, j’allaite ! » Au fur et à mesure de la soirée, éméchés, ils s’amusent tandis que toi tu es partagé entre l’envie d’aller dormir et câliner ton bébé , ou perdre la mémoire et terminer tous les fonds de bouteilles ne serait-ce que pour retrouver cette sensation de liberté quelques instants …
D’ailleurs c’est frustrant tout court de discuter avec tes amis dans le quotidien. Depuis que je suis maman, j’ai l’impression de faire partie d’un autre monde . Eux ils ont plein d’histoires à raconter, ils ont plein de problèmes existentielles, d’aventures … moi les miens se résument à : Est-ce-qu’il me reste des petits pots de purées pour demain ? Quand-est-ce que son caca va sortir qu’il arrête d’avoir mal au ventre ? Ses problèmes de digestion vont-ils enfin s’arrêter un jour ? Est-ce-qu’il a assez/pas trop chaud ? Mais bordel pourquoi il ne veut jamais dormiiiiir ???? En plus j’ai bien l’impression que je les saoule un peu avec ses prouesses. «Olala il a dit son premier areuh… il se passe sa girafe d’une main à l’autre t’imagine … il tient assis ça y est… il mange toutes les 4h enfin c’est un grand maintenant » … Alors ils sont mignons, ils font semblant de s’intéresser … c’est ça les vrais amis ! On se soutient quoiqu’il arrive même si parfois j’ai l’impression qu’ils me regardent du style : Mais elle est passée où Julia ? La working girl du groupe qui voyageait partout et nous raconter toutes ses découvertes.
Ouais pas évident de dialoguer avec ses amis quand tu as l’impression de ne plus avoir de vie sociale autre que celle de ton enfant depuis des mois . Mais ça ne dure qu’un temps…

Du coup, tu te tournes vers les autres mamans . Celles qui peuvent un peu mieux te comprendre . Celles qui galèrent… ça rassure de se dire que nous ne sommes pas les seules . Oui parce que les mamans parfaites moi je les fuis . Elles me frustrent plus qu’autres choses.


BILAN À 8 MOIS


Voilà, je tiens quand même à en rassurer certaines. Petit à petit, la vie sociale revient. J’en ai d’ailleurs fait l’expérience avec mon voyage à Tokyo en avril pour Givenchy (article ici). Il suffit de se faire confiance. J’avais la frousse de passer le relai, pensant que personne ne pourrait s’en occuper mieux que moi. Certes, c’est vrai, personne ne s’en occupera mieux que moi, je suis sa maman après tout, mais ils s’en occuperont très bien quand même. Bébé ne va pas mourir. C’est réellement important de s’accorder des moments à nous par moment, histoire de souffler. De vivre. Et de lui apprendre à être sans maman aussi.

D’ailleurs ça a permis au papa de s’intégrer plus. Et de mieux me comprendre. Vous savez quoi, depuis ce voyage, Eddy se lève au moins une fois la nuit, et Edan ne pleure plus quand son père le prend. Ça aura au moins permis qu’ils se rapprochent et qu’ils se fassent confiance ces deux-là.

Un bébé, certes c’est une nouvelle étape, au début on se laisse vite submerger par tout ce qu’il y a à faire, par la fatigue, on s’arrête limite de vivre pour eux, on stresse pour un rien, on donne tout ce qu’on a et on s’oublie beaucoup.. mais petit à petit on y arrive. On se retrouve en tant que femme. Il grandit, il devient plus autonome, plus intéressant. Et ses maux diminuent. Bon ils mettent du temps, c’est clair, on a l’impression qu’on en verra jamais le bout, mais je vois tout de même la différence, par rapport au début. Puis bébé s’exprime un peu plus donc on comprend un peu mieux ce qu’il a. Et ça devient du vrai bonheur.

Et oui, on oublie même carrément tous ces moments où on regrettait, au bord du gouffre, assise par terre à pleurer de fatigue. Je sais que je les ai vécu ces moments , mais ils me semblent tellement loin…

Edan a à présent 8 mois. Il m’en a fait baver ça c’est clair. Et il continue par moment. Il ne fait toujours pas ses nuits. Il a toujours ses soucis de reflux, mais beaucoup moins depuis qu’il sait s’asseoir tout seul. Il a toujours énormément de rots, mais réussis à les passer sans mon aide à présent. Bon il a parfois besoin de moi quand même, mais ce n’est plus H24 comme avant. Je respire donc un peu plus. Je profite plus de lui également, on s’amuse ensemble. Je m’émerveille devant chacune de ses découvertes, de ses prouesses.  Je suis complètement fan de lui tout simplement. Je peux dire que les 4 premiers mois ont été très très dur. Les 3 suivants aussi mais à moindre échelle. Maintenant je ne sais si c’est moi qui suis habituée, mais je me sens mieux dans mon rôle de maman. Plus épanouie. J’ai encore quelques sautes d’humeur parfois, il réussit à me mettre à bout surtout quand il n’arrive pas à s’endormir alors qu’il est naz. Mais je pense sincèrement que ce voyage à Tokyo m’a fait un bien fou. Une coupure, difficile pour lui et pour moi. Mais je suis revenue plus sereine. Plus reposée. Et je le regarde différemment. J’ai l’impression de l’aimer encore plus c’est fou. Trop l’un sur l’autre, on en venait à s’étouffer et à criser l’un sur l’autre. Il me parait plus calme. Peut être qu’il grandit. Peut être que ça lui a fait du bien. Peut être qu’il a appris à se débrouiller sans moi…

À toutes les mamans au bord du gouffre, et qui n’en voient pas la fin… 

Restez fortes et courageuses,  vous soufflerez plus lorsqu’il grandira, je vous le promets,

j’en vis actuellement l’expérience…

Secrètement, J.

 

« Un bébé, c’est du travail à temps plein pour trois adultes. Personne ne vous dit, quand vous êtes enceinte, combien c’est accaparant d’être maman. » – Erica Jong

« Étrange chose que d’être mère ! Ils ont beau nous faire du mal, nous n’avons pas de haine pour nos enfants. » – Sophocle

 » Il n’y a aucune recette pour devenir une mère parfaite, mais il y a mille et une façons d’être une bonne mère. » – Jill Churchill