La rencontre parfaite.

Un homme. Une femme. Un lieu. Juste un regard. Et l’aventure commence Sauf que ça ne se passe pas toujours comme on le voudrait.

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Tout commença un soir de novembre. J’étais au Six Seven, la boite de nuit venait d’ouvrir. J’attendais les clients derrière mon comptoir, en discutant avec ma jumelle de serveuse, Karin. Je la prénomme ainsi parce que de nombreux clients nous confondent. Nous sommes toutes les deux grandes, avec des yeux marrons et une longue chevelure brune, forcément la nuit, ça prête à confusion. Mais avant tout, Karin est l’une de mes meilleures amies. Ça fait 3ans que nous bossons ensemble, donc on se connait vraiment comme des soeurs. La boite de nuit se remplissait doucement, nous étions jeudi soir. C’est à ce moment là qu’il fit son entrée.

Je l’avais déjà aperçu quelques jours avant, et il m’avait fait le même effet. Grand, brun, barbu, ténébreux, j’étais comme attirée par cet homme mystérieux. En le voyant descendre les escaliers, mes yeux restèrent scotchés sur lui, puis son regard croisa le mien. J’ai baissé aussitôt les yeux cherchant la moindre occupation à faire. Karin a remarqué aussitôt mon embarras.

– « Que se passe t’il ? »

– « Non, non, rien, je me disais juste que le temps passe trop lentement. »

Hors de question que je lui raconte que cet homme, là bas, qui dépose sa veste au vestiaire me mettait hors de moi. Elle serait capable d’en alerter la boite entière.

À plusieurs reprises dans la soirée, je l’ai aperçu. Il était, semble t’il, venu avec une bande de copains, et à chaque fois qu’on se croisait, il me fixait du regard. Etait ce bon signe ? Je l’espérais.

Puis en fin de soirée, il s’est approché du comptoir. Mince, que voulait il ?

– « Bonsoir, je cherche Olivier. »

Mon dieu quelle voix sexy. Grave, si grave. Olivier, était l’organisateur de la soirée.

– « Hm il est à l’entrée du carré vip. »

– « Ok merci, bonne soirée. »

C’est tout ???

– « Bah Julia, c’est qu’il semble te faire de l’effet ce jeune homme. »

– « Je ne vois pas de quoi tu parles Karin. »

– « Arrête, je te connais. Tu le dévores des yeux depuis le début de la soirée. En 3 ans, tu n’as jamais été comme ça devant un mec dans cette boite. Tu es un vrai coeur de pierre pour tous ceux qui t’approchent ici. Je crois bien que c’est la première fois que je te vois rougir pour un homme. »

– « Peut être bien.. bon d’accord, oui, c’est vrai.  Je le trouve juste.. mignon et alors ? »

– « Mais c’est un miracle ça !!! Ecoute depuis ton histoire avec ce connard de L, puis Florent qui s’est remis avec son ex, tu te renfermes sur toi même. Alors crois moi, si un mec te plait, fonce !!! »

Elle avait peut être raison. Mais de toute manière, c’était trop tard. Le mystérieux jeune homme venait de franchir le seuil de la boite. Et peut être que c’était la dernière fois que je le voyais…

Mais c’était sans compter sur l’intervention divine de cette petite fouine de Karin qui s’est jetée aussitôt sur Olivier pour connaître l’identité de celui qui m’avait distraite toute la soirée et lui confier que j’étais déjà raide dingue de lui. Elle est comme ça Karin, si elle peut aider une copine, elle le fera, même si elle embellit l’histoire à sa sauce.

– « Oh lui, c’est K, je l’ai invité. Je pensais que tu le connaissais, vu qu’il est dans le milieu de la Tv. »

Bah non, on ne se connait pas tous dans ce milieu. Faut dire qu’en ce moment je n’ai pas vraiment le temps de regarder la télé.

– « J’ai son numéro si tu veux » , surenchérit Olivier.

– « Non, merci, c’est bon, de toute manière je ne saurais jamais quoi lui dire. »

– « C’est comme tu veux. Je te le passe quand même et si tu trouves de l’inspiration un jour, appelle le. »

À croire qu’ils veulent tous me caser à tout prix.

La soirée s’achevait. Les clients étaient déjà tous sortis. J’étais assise près du bureau de ma responsable, à attendre mon tour pour aller faire ma caisse. Et je regardais le numéro de ce K. Quelle excuse pourrais je trouver pour lui envoyer un message ? Ça se trouve, il ne sait même pas qui je suis, que j’existe. Je pourrais en jouer d’ailleurs. Et si je lui envoyais un message anonyme ?

Après mainte réflexion débile, j’ai fini par lui envoyer seulement deux mots : « Très charmant. »

Et merde, c’est nul. J’aurais voulu qu’une touche « delete » existe afin d’effacer le message avant même qu’il ne puisse le lire.

Mais il répondit : « Merci. J’espère que tu es Julia, la jolie serveuse. « 

Pardon !? Comment sait il que c’est moi ? Mon coeur a fait un bon de 512 mètres. Olivier a du ouvrir sa bouche. Dans un sens c’est flatteur. Et en plus, il écrit sans faute, il marque des points. Rien de pire qu’un texto bourré de fautes d’orthographe, je déteste ça. Mais que pourrais je lui répondre ? J’étais toute excitée, comme lorsque l’on flirte timidement la première fois, au collège, avant d’échanger notre premier baiser…

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En descendant les marches, j’aperçois une jolie brune derrière un comptoir. La boite n’est pas encore remplie. Olivier vient m’accueillir et m’emmène vers le vestiaire. Une fois les affaires déposées, on décide d’aller fumer une clope dans le fumoir, en attendant qu’il y ait un peu plus de monde dans la boite. Je croise la jolie brune de derrière le comptoir qui porte une vasque sur l’épaule, elle semble être serveuse ici.

– « La vache, si un jour une fille comme elle vient m’aborder, je suis refait » , nous sort Yoann.

– « J’avoue elle est canon » , ajoute Marc.

C’est vrai qu’elle n’est pas mal. Mais bon, de toute manière, en ce moment, moi et les meufs, ça ne fait pas bon ménage. Depuis que je me suis séparé de mon ex, nous sommes restés 5ans ensemble, j’ai envie de m’amuser. J’ai 24 ans. Il est grand temps que je profite de la vie. Quelques demoiselles me reconnaissent et me demandent des photos. Par courtoisie j’accepte. Ça profite surtout aux potes, qui se servent de moi pour serrer des nana. Tant que ça sert.

Nous passons une petite soirée sympa, entre mecs. On boit, on danse, on fume. Je croise à plusieurs reprise cette charmante serveuse. Elle a ce je ne sais quoi qui m’attire. Puis j’ai la sensation qu’elle m’évite, et ça m’intrigue encore plus.

Marc en a marre et veut rentrer. Je cherche Olivier pour le remercier et lui dire aurevoir, mais je ne trouve que la serveuse. Je me dirige alors vers elle. Ce sera l’occasion de lui parler.

– « Bonsoir, je cherche Olivier. »

Elle rougit. Je trouve ça mignon.

– « Il est à l’entrée du carré vip. »

Elle dégage une certaine classe. Enfin bon, liberté avant tout me crie mon esprit. Je me retourne et trouve effectivement Olivier au loin.

En sortant de la boite, les potes parlent d’elle. C’est vrai qu’elle était jolie.

A peine arrivé chez moi, on décide tous de se faire une partie de play. Quelle fut ma surprise de recevoir un message d‘Olivier :

« Merci, c’est sympa d’être venu. Il y a une serveuse qui a craqué sur toi au Six, elle s’appelle Julia peut être que tu la connais, je lui ai passé ton numéro, j’espère que ça ne te dérange pas. Bonne nuit « 

Sur le coup j’ai souris. C’était flatteur, elle m’avait donc aussi repéré.

Marc, qui lisait par dessus mon épaule, s’écria :

– « Non sérieux ??? Hé les mecs, la meuf qu’on trouvait canon au Six a flashé sur Kev !!!! »

Le tel se mit a vibrer de nouveau. Je ne connais pas le numéro. J’espère que c’est elle…

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2,5 mois après

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Nous avions une date de péremption… une fucking date de péremption !!!!!

Depuis cette rencontre, nous ne nous sommes plus lâchés. Pourtant, notre deal était simple : Ne pas s’accrocher l’un à l’autre. K sortait d’une longue relation et voulait sa liberté sentimental. De mon côté, je ne voulais plus me prendre la tête avec les hommes. Son deal tombait à merveille.

En gros, nous étions dans une relation “in-between” : On se voyait, on sortait ensemble, on couchait ensemble, mais nous n’étions pas un couple. Interdiction de tomber amoureux. Pas de sentiments. Pas d’attaches. Un peu plus que des « sexfriends », mais moins qu’un « couple » .

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Au début c’était cool. No prise de tête. On se suffisait à nous même. On était juste bien. Jusqu’à ce qu’on évolue, et que la conscience prenne le dessus…

Tout d’abord, il y a la question d’exclusivité, de jalousie. Il voulait être libre, ok, mais qu’est ce que ça impliquait ? Que si demain il voudrait se taper une nana, il le pourrait ? Je devrais être mise sur le banc de touche sans pouvoir réagir ?

–  » Non, je n’ai même pas envie d’aller voir quelqu’un d’autre. Je suis bien avec toi, je n’ai envie que de toi. Nous ne sommes pas en couple, mais nous pourrions être exclusif. Rien que nous deux, sans prise de tête. Ça m’énerverait que tu ailles voir quelqu’un d’autre de toute manière. »

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– « Je pense que ce mec a tout simplement peur des relations de couple. Il fuit, n’assume pas, mais bordel réveille toi : Vous êtes un couple. Ou plutôt vous êtes dans une illusion de « non relation » de couple depuis 2mois. En gros, il profite de tous les côtés bénéfiques, sans affronter les contraintes de la vie de couple. Mais ça ne marche pas comme ça, vous ne pouvez pas fuir vos sentiments en permanence. La question est : Que veux tu toi ? « 

Mon meilleur ami Sofian avait totalement cerné la situation. Moi ? Je ne savais même pas ce que je voulais. Je ne voulais juste pas que ça se termine. J’étais bien avec lui. Trop bien. Il était beau, drôle, intelligent, et un super amant. C’est tout ce qui m’importait. Et si ça devait s’appelait une « non relation », si je devais supporter ce manque de couilles de sa part, je le ferais. Après tout, il profite d’une relation sans contraintes, et moi je profite de tout le reste…

Sauf qu’une « in between », même exclusive, rencontre des  contraintes dans certains cas…

Il devait partir aux Etats Unis pour un tournage pendant 3 mois. De mon côté, j’ai été retenu pour faire « Les Anges de la Téléréalité » durant 6 semaines à Hawaï. En gros nous n’allions surement pas nous voir durant 3 ou 4 mois consécutifs. C’était plus de temps que nous avions déjà passé ensemble. Pour des relations « in between », c’est la séparation assurée. On ne pouvait pas forcer l’autre à nous attendre, on s’était justement promis une liberté qui nous empêchait de demander cette faveur à l’autre…

13 janvier 2012, dernière nuit ensemble. C’était déchirant.  Puis le lendemain matin, pouf, il a disparu. Tout était terminé. Plus de film jusque 4h du mat’, plus de câlin à toute heure de la journée, plus de bataille de nourriture dans toute la maison, plus de chanson à la guitare, plus de soirée déjantée, plus de pari au  bowling, plus de massage, plus son odeur…

Je ne pensais pas que je verserais autant de larmes. J’avais beau jouer la forte qui ne veut plus souffrir à cause des hommes, j’étais une fois de plus tombée dans ce fucking piège à hommes, Amoureuse.

Pendant une semaine entière, je me suis enfermée. Le corps a une sacrée réserve de larmes croyez moi.  Je n’avais aucune nouvelle de K, c’était comme s’il était mort. Comme si on me l’avait arraché. Comme si je devais tout oublier. Infaisable !!!

Au bout d’1,5 semaine, il m’appela sur skype. L’installation avait pris du temps et il n’avait pas internet au début. Puis le tournage était fatigant et intense. Je lui manquais. C’était difficile pour lui de se l’avouer mais c’était le cas. Il me répétait sans cesse de ne pas l’attendre, que dans « les Anges de la téléréalité » on allait surement me demander d’être en couple avec quelqu’un, qu’il fallait que je fasse ma vie, que peut être à notre retour on se retrouverait…. Mais durant ces 3/4 mois, je devais vivre pour moi, je ne devais pas l’attendre.. Blablabla… Tout ce que je retenais c’était que je lui manquais…

13 février 2012

Départ pour Hawaï

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« Le couple occasionne de multiples douleurs, certes, mais le célibat n’offre aucun plaisir. »

Alors que choisir ?

Un entre deux.

 Les « Non Relations », les « In Between »  :

À tous ceux qui rêvent de ce genre de relation, de profiter des bienfaits d’une relation de couple sans en subir les conséquences que ça implique, croyez vous vraiment qu’il existe un entre deux ? Pensez vous vraiment qu’on puisse agir comme un couple, passer tout notre temps ensemble comme un couple, faire l’amour comme un couple, se faire des câlins comme un couple, sans en être un ? Êtes vous sûre  qu’on puisse fréquenter quelqu’un pendant des mois sans nous attacher ? Est ce que vous imaginez vraiment que vous pouvez être plus fort que les sentiments, que l’amour ?

Où bien êtes vous tout simplement égoïste ? Égoïste parce que vous avez peur. Peur d’affronter une vie à deux ? Peur de trop vous attacher ? Peur d’avoir des responsabilités ? Peur de devoir des choses ? Peur de souffrir ? Peur de vous impliquer ? Peur d’être seul ? 

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« Rien au monde ne rend l’homme malheureux 
comme la peur. »
de Johann Friedrich von Schiller

 » Mets tes peurs entre parenthèses
et prends le risque d’être heureux. »

 

de Guillaume MUSSO
 

 

Secrètement, J.